Élevé par une mère en situation de handicap mental, René le Bedeau est placé à l’âge de cinq ans dans un orphelinat. Adolescent, il ne sait ni lire ni écrire, sans pour autant présenter de trouble psychique identifié. À vingt ans, il est accueilli à l’hospice de Plouescat, où il devient bedeau, fonction qui lui vaudra son surnom. C’est dans cet établissement qu’apparaissent ses premières hallucinations. En 1969, il est transféré à l’hôpital psychiatrique de Quimper.
La date précise du début de sa pratique artistique demeure inconnue. René le Bedeau dessine principalement dans l’intimité de sa chambre, sur des supports variés et souvent modestes. Ses compositions associent des formes simplifiées à des signes inventés, donnant naissance à un vocabulaire visuel singulier. Couteaux, cercueils, guitares, lunettes, téléviseurs, appareils photo, ciseaux ou encore friteuses deviennent des motifs codifiés, organisés comme les éléments d’une écriture personnelle.
À travers ce langage idéographique, René le Bedeau développe une manière unique de représenter le monde, entre inventaire d’objets familiers et construction d’un système symbolique qui lui est propre.
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