La mère de Madge Gill cache longtemps la naissance illégitime de sa fille, confiée à sa tante et sa grand-mère qui l’élèvent presque recluse dans l’East End de Londres. À neuf ans, elle est placée en orphelinat.
En 1903, devenue infirmière, Madge Gill découvre le spiritisme et l’astrologie grâce à sa tante. Quatre ans plus tard, elle épouse un cousin, lui aussi né hors mariage. Sa vie est bientôt marquée par la perte de deux enfants. En 1919, une grave maladie lui fait perdre l’œil gauche. Elle se consacre alors entièrement au dessin et à l’écoute constante de « Myrninerest », l’esprit qui l’inspire pour ses écrits, ses broderies et ses improvisations au piano. Travaillant dans l’obscurité, à la seule lumière des bougies, elle produit des milliers de dessins, de tous formats – de quelques centimètres jusqu’à plus de onze mètres –, où le même visage féminin se répète, parmi des motifs architecturaux et abstraits.
Signant toujours ses œuvres « Myrninerest », Gill refuse de les vendre, mais accepte de les exposer – en 1932 avec des artistes amateurs de l’East End, puis entre 1939 et 1947 à la Whitechapel Gallery.
En 1958 un nouveau deuil la plonge dans l’alcoolisme : elle cesse alors de dessiner. Son fils Laurie veillera fidèlement sur elle jusqu’à sa mort et assurera la préservation de son œuvre.
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collection | collection générale | G | GILL Madge
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GILL Madge
Madge Gill est l’Ariane d’un labyrinthe d’escaliers vertigineux.




