À 15 ans, après la séparation de ses parents, Adelhyd van Bender est placé dans un foyer pour mineurs, où il apprend le métier d’électricien. En 1968, il s’installe à Berlin et y exerce sa profession. En 1974, il suit des cours du soir pour obtenir son baccalauréat et, en octobre de la même année, est admis à l’HdK Berlin (Université des Arts de Berlin), où il étudie pendant deux ans. En 1976, radié de l’université et expulsé de son appartement, il se rend en Angleterre à la recherche de ses racines aristocratiques, un voyage qui le conduit à adopter le nom d’Adelhyd van Bender. L’année suivante, de retour à Berlin, il se consacre entièrement à son activité artistique. En 1987, un incendie détruit son appartement et une grande partie de son travail, un événement qui transforme radicalement sa perception du monde et son approche artistique. Il se sent dès lors investi d’une mission – qu’il qualifie de corvée – dictée par une autorité supérieure.
Dans son processus d’accumulation obsessive, Adelhyd van Bender crée environ 2 000 classeurs, chacun contenant entre 200 et 250 pages de collages mêlant formes géométriques, champs de couleur, graphismes et formules mathématiques ou physiques, qu’il photocopie avant de les retravailler. Il se considère doté d’un utérus renfermant un « secret atomique ». Le cube, souvent associé au symbole de la Kaaba – le cube noir de la Mecque –, ainsi que les constellations planétaires, les roquettes et les torpilles, sont des motifs récurrents dans son œuvre.
Au total, ce travail colossal, qui s’étend sur 25 ans et comprend quelque 450 000 pages, semble pour Adelhyd van Bender être un moyen de contenir le chaos.






