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DARGER Henry. Vivian Girls captured by Glandelinians under general Purgatorium, near Julio Gallio. Entre 1950 et 1960. Gouache sur papier. 75,3 x 55,7 cm

DARGER Henry. Sans titre. Entre 1950 et 1960. Gouache sur papier. 69 x 92,5 cm

DARGER Henry.  Plain [...] Back knowing the way out saves them (At the second battle of Marocino...) (recto) / At Jennie Richie – and force him to make them pass through the enemy lines... (verso). Collages, gouache, mine de plomb et encre sur papier. 48 x 241,5 cm

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DARGER Henry

[1892, Chicago, Illinois, États-Unis — 1973, Chicago, Illinois, États-Unis]

Henry Darger insère dans un écrin paradisiaque l’horreur sanglante dont sont victimes les enfants.

Henry Darger avait quatre ans lorsque sa mère mourut en couches, après avoir donné naissance à une sœur immédiatement confiée à une famille d’accueil. Lui-même fut placé dans un foyer à l’âge de huit ans, puis interné dans une institution pour enfants dits attardés, d’où il s’échappa à dix-sept ans. Au début des années 1920, on le retrouve employé comme homme de ménage dans un hôpital de Chicago, où il restera jusqu’à sa retraite, en 1963.
Rien dans cette vie discrète ne laissait présager ce que Nathan Lerner, le propriétaire de la chambre dont Darger était locataire, découvrirait après le départ de ce dernier en maison de retraite, en 1972 : une saga de quinze mille pages réparties sur quinze volumes, largement illustrée, intitulée In the Realms of the Unreal [Dans les royaumes de l’irréel]. Cette œuvre monumentale, commencée entre 1910 et 1912, fut produite dans le plus grand secret. Le récit met en scène le combat des jeunes sœurs Vivian contre le peuple adulte des Glandeliniens, qui réduit les enfants en esclavage, les torture et les assassine.
La saga achevée, Darger l’enrichit de grandes planches panoramiques aquarellées, recto-verso, agrémentées de divers collages. À partir de 1946, Darger se servit d’agrandissements photographiques et de calques, ce qui lui permit la reproduction à plusieurs exemplaires d’une même image, créant ainsi de véritables troupes d’enfants « clonés ».
À Kiyoko Lerner, qui lui demandait chaque dimanche, après la messe, comment il allait, il répondait : « Demain, peut-être, le vent cessera de souffler. »
La première exposition de cette œuvre hors normes eut lieu grâce à Lerner lui-même, artiste, au Hyde Park Art Center de Chicago, en 1977.