Judith Scott, porteuse de trisomie 21 et sourde à la suite d’une scarlatine contractée dans l’enfance, a vécu trente-cinq ans dans des institutions, de 1950 à 1985, jusqu’à ce que sa sœur jumelle, Joyce, obtienne sa tutelle légale. En 1987, elle rejoint l’atelier du Creative Growth Art Center à Oakland, marquant le début d’une nouvelle vie : celle d’une artiste aujourd’hui reconnue pour son œuvre exceptionnelle.
Elle enveloppe, cache et protège toutes sortes d’objets — bâtons, anneaux métalliques, branches, tubes en carton, morceaux de bois — avec des fils de laine colorés. Ses sculptures, certaines de dimensions monumentales, incarnent une mise en scène du secret : les objets, enchevêtrés et à jamais dissimulés, structurent l’œuvre finale. Organiques et intuitives, elles évoquent des cocons, des fragments corporels ou des totems. Son travail a notamment fait l’objet d’une rétrospective au Brooklyn Museum de New York en 2014.
