Joseph-Albert-Alfred Moindre est d’abord négociateur de fonds de commerce à Paris, mais il s’intéresse surtout à la métaphysique, au spiritisme et à l’Egypte ancienne ; il se présente comme « égyptologue ». Progressivement sa vie personnelle se détériore, il change d’humeur, devient despotique, sa femme et ses amis finissent par l’abandonner. La cinquantaine approchant il s’isole du monde et commence alors à dessiner. D’abord des vues de Paris, ensuite des scènes inspirées de ses croyances, des temples labyrinthiques aux perspectives menant nulle part, qui témoignent d’une liberté de ton transgressant les règles architecturales. Ses soixante-dix ans approchant, n’ayant plus aucun moyen financier, il entre dans un foyer pour anciens combattants. Ses forces diminuent rapidement et il cesse de peindre.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





