Mohamed Babahoum naît à une trentaine de kilomètres d’Essaouira, un port de l’océan Atlantique, dans un village entouré d’arganiers. Devenu adulte, il fuit les travaux agricoles de son village et se rapproche d’Essaouira. Il devient ferrailleur et brocanteur approvisionnant les marchands du souk de tout ce qu’il ramasse un peu partout. Plus tard il s’occupera d’un pressoir à olives actionné par un dromadaire. La vieillesse approchant, un peu par hasard ou désœuvrement il commence à dessiner, comme ça, sans conviction. Un jour qu’il est au souk il montre ses dessins à un ami : « C’est mon neveu qui a fait ça. », dit-il. Avec le temps il se prend au jeu et n’hésite plus à revendiquer son travail : « C’est moi qui les ai faits. Vous en voulez d’autres ? ». Dans un premier temps il dessine au stylo à bille au verso de feuilles usagées ou encore sur les versos vierges de notices d’entretien. Dans un second temps il abandonne le papier de rebus et choisit des cartons d’emballage plus épais. Avec un feutre noir il détoure d’un trait appuyé les silhouettes de ses figures. Son monde est peuplé d’ânes, d’oasis, de canards, de puits, de souks, de tapis, de palmiers, de murailles, les chèvres sont dans les arbres et les vieillards agitent leur canne vers le ciel. En 2014 Mohamed Babahoum est hospitalisé pour une pneumonie, suite à cet évènement il cesse pendant une longue période de parler. Il vit maintenant chez son fils. Malgré l’âge la fatigue et la maladie il n’arrête pas pour autant de peintre et dessiner.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.












