Di GIOVANNI curzio

1957 — Lodi, Italie

Atteint dès la naissance d’un trouble retardant son développement mental, Di Giovanni rejoint à vingt-deux ans le Centre Fatebenefratelli, près de Milan, où il commence à dessiner dès 2001. Il puise son inspiration dans des magazines de mode et réinterprète mannequins et vedettes, sans se limiter à la reproduction fidèle. Il ignore les règles de proportions et d’anatomie, bouscule les codes et offre des visages inédits et surprenants.
Il ne se place ni sous l’autorité de la photographie, ni contre elle, mais détourne l’image comme matériau d’exploration. Au crayon, il trace les éléments principaux de la tête, puis les détaille par des formes juxtaposées traduisant ombres, rides, plis, cernes, cheveux et singularités. L’image fragmente le visage avant que les couleurs viennent recomposer l’ensemble. Par cette métamorphose des portraits, Di Giovanni révèle la polysémie du visage, la multiplicité des identités et la fragilité humaine. Après plusieurs années de pratique intense, il abandonne le dessin.