Apprenti à 16 ans chez Tasset, graveur de médailles réputé, Joseph Ernest Ménétrier suit des cours de dessin et, après son service militaire, passe quatre années dans une école d’art. À 23 ans, il est interné à l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard pour « excitation maniaque » et ne quittera plus ce lieu.
Dix ans après son arrivée, il y entame une œuvre considérable, signant du pseudonyme d’Émile Josome Hodinos une multitude de dessins à l’encre et à la mine de plomb, dont la plupart ont disparu. Ces copies de médailles dont elles possèdent toutes les caractéristiques (images, exergues, devises, ornementations) constituent une véritable encyclopédie, un inventaire des vices et des vertus, description de l’anatomie humaine, des attitudes, des vêtements ou des objets domestiques. Dès 1907, dans L’Art chez les fous, Paul Meunier, médecin à Ville-Évrard, écrivait à son sujet sous le pseudonyme de Marcel Réja : « Un ancien graveur reproduit d’une façon constante des personnages variés où le souci d’une musculature presque difforme absorbe toute l’œuvre. À côté de détails presque bienvenus, des incohérences, des disproportions non motivées viennent attester que, si l’auteur a su bien dessiner, il se laisse aller à des gaucheries, à des maladresses qui ne sont du reste pas sans rappeler le style de Marc Antoine Raimondi, son aïeul dans l’art de la gravure. »
Parallèlement à ses dessins, Hodinos, proche des Communards, a écrit une histoire générale des États européens de 1453 à 1789 ainsi qu’un dictionnaire politique, inédits.







