Purvis Young est né dans le quartier pauvre de Liberty City à Miami. Au début des années 1960, il passe trois ans en prison pour vol à main armé. C’est là qu’il commence à dessiner avec passion et à se documenter sur l’art. Après sa libération, il continue à produire des milliers de dessins, qu’il accumule dans des caddies ou qu’il colle dans de vieux magazines et des livres trouvés. Il utilise comme support des morceaux de bois, des bouteilles, tout ce qui lui tombe sous la main. Il représente des buildings, des animaux (en particulier des chevaux), des bateaux, des gens dans la rue, ou des visages d’anges. Il ajoute parfois un message poétique sur ses peintures. En dépit d’un certain succès, il continue à vivre dans la pauvreté, se confondant dans le « paysage » des rues désertes d’Overtown. Son art – tout autant que sa technique – sont difficiles à classer : calligraphie, collage, graffiti ?
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




