Dominique Théate est nourri d’un esprit libre et rebelle. Passionné d’art, il s’apprête à intégrer les Beaux-Arts lorsque son parcours bascule, à l’automne 1987 : à moto, il percute un poteau. Sirènes, coma, trépanation, institution spécialisée. À son réveil, les espoirs sont minces.
Contre toute attente, il réapprend à marcher, à parler et revient au dessin. Sa mémoire reste ancrée dans les années quatre-vingt, mais il se projette dans un avenir idéal, celui d’un homme moderne doté des signes d’une réussite conforme : épouse, intérieur soigné, loisirs et BMW — à l’image de Jacky, compagnon de sa mère et modèle de masculinité.
Depuis 2001, surnommé « Blabla » pour sa parole foisonnante, il évolue au sein de La « S » Grand Atelier, où il façonne sa vie rêvée.
Le dessin s’accompagne d’un travail photographique singulier : il s’insère dans des images de magazines par autoportrait ou les reproduit au papier carbone, superposant les couches.




