Dominique Théate est nourri de la culture des eighties, clinquantes et rebelles, passionné d’art il s’apprête à rejoindre les Beaux-Arts. Sa jeunesse se fracasse un jour de l’automne 1987 ; à moto il heurte un poteau. Arrêt sur image : sirènes hurlantes, coma, trépanation, l’institutions spécialisées. Le réveil lui laisse peu de chance, pourtant, contre toute attente, il réapprend à marcher, à parler et se remet à dessiner. Il a ancré sa mémoire dans les années quatre-vingt mais se projette dans un avenir radieux d’homme moderne, détenteur de tout l’attirail de la réussite conformiste : l’épouse charmante, l’intérieur coquet, les loisirs footballistiques ou musicaux et l’inaltérable BMW comme Jacky, le compagnon de sa mère, sosie de Hulk Hogan et modèle suprême de la masculinité. Depuis 2001, Dominique Théate, dont le langage volubile lui vaut l’auto-surnom de «Blabla», déambule de sa haute stature dans les ateliers de la « S » Grand Atelier, qu’il fréquente depuis 2001, pour nous livrer sa vie rêvée et ses résolutions d’avenir. Le dessin, sa pratique usuelle, se double d’un travail photographique riche et original. Le plus souvent il prend des photos de magazines puis s’y inclue en autoportrait acteur dominant de la mise en scène. D’autres fois il fait une sorte de copie dessinée de la photo qu’il intègre ensuite comme un calque en superposition.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.














