Atteint depuis son enfance de problèmes psychiques graves, Harald Stoffers est placé dans une institution psychiatrique à l’âge de vingt-deux ans. Là, il commence d’abord à écrire sur de petits papiers de simples mots qu’il distribue. Avec le temps son travail évolue : il se met à écrire des lettres bien plus longues à sa « chère maman », dont le texte est posé/disposé sur des lignes méticuleusement dessinées comme des portées de musique. Les formats sont extrêmement variables, il vient d’achever une lettre de 6,5 m qui a rejoint la collection abcd. Parfois Harald Stoffers déchire ses lettres avec grand soin.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.









