Issue d’une famille pauvre de métayers, Mary T. Smith est obligée de travailler dès son enfance et ne reçoit donc qu’une éducation scolaire rudimentaire. De ses deux mariages (en 1922 et en 1930), elle tient son nom, qui correspond à celui de son second mari, et a un fils. Pendant des années, elle gagne sa vie comme employée de ferme, puis déménage à Hazelhurst dans le Mississippi, où elle devient domestique. Ayant pris sa retraite en 1975, elle se retire dans une petite maison construite sur un terrain que lui a acheté son mari et qu’elle métamorphose en une sorte de galerie d’art à ciel ouvert, constituée de ses peintures. Sur des planches ou des tôles, elle peint son quotidien : portraits d’amis, de voisins, figures allégoriques en une ou deux couleurs, auxquels elle ajoute parfois des signes ou des slogans significatifs de sa croyance et de son amour de Dieu. Si l’œuvre de Mary T. Smith plonge ses racines dans le folk art, elle s’en éloigne également par la liberté et l’inventivité dont elle témoigne par rapport aux schémas traditionnels.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





