Welmon Sharlhorne aura passé plus de la moitié de sa vie derrière les barreaux. Quatrième d’une fratrie de dix-sept enfants, à l’âge de 14 ans, il est incarcéré pendant quatre ans pour vol . A sa sortie il égrène les petits boulots. A la suite d’un différend avec une cliente il est accusé de tentative d’extorsion et condamné à 22 ans de prison. C’est pendant cette période qu’il commence à dessiner. Subissant les conditions répressives de sa réclusion il doit faire preuve d’ingéniosité pour se procurer de quoi dessiner, utilisant par exemple des abaisses langues de l’infirmerie comme règle. Avec l’inclusion d’horloges dans ses dessins le symbole du temps est omni présent dans son œuvre. « Une horloge est dans chacun de mes dessins parce que je voudrais dire aux gens, les bons et les mauvais, que commettre un crime est idiot parce qu’il prend votre temps précieux de liberté ». Libéré en 1996, il vit sans abris dans les rues de la Nouvelle-Orléans, sauvé par hélicoptère il survit de justesse à l’ouragan Katrina. Récemment, les services sociaux lui ont trouvé une place pour lui seul et reçoit des repas réguliers. Son travail est exposé depuis 2009
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.







