SCHLEINSTEIN bruno

1932 . près de berlin . allemagne

Bruno Schleinstein est l’enfant illégitime d’une mère allemande et d’un père polonais. Il passe son enfance dans de nombreux orphelinats et institutions psychiatriques dont il tente de s’échapper à plusieurs reprises. En 1955, il est finalement autorisé à vivre en dehors de l’hôpital. Commence alors une vie d’errance entre asiles pour sans abri et institutions de charité. Pour subvenir à ses besoins, Bruno Schleinstein est ouvrier. À cette époque, il apprend à jouer de l’accordéon. Vers 1965, il commence à créer ses premiers dessins pour illustrer les textes des chansons qu’il compose. À partir de 1963 il travaille comme routier, un métier qu’il exercera pendant vingt-huit ans. Pendant ses temps libres, il se balade dans les rues de Berlin, chante dans les cours d’immeubles. Il croise la route du cinéaste Werner Herzog qui réalise un documentaire sur sa vie, puis lui demande de jouer le rôle principal de Kaspar Hauser dans son long-métrage L’Énigme de Kaspar Hauser [Jeder für sich und Gott gegen allé, 1974] – un rôle qui semble être écrit pour lui. Deux ans plus tard, il tient le rôle principal de Stroszek, du même réalisateur.
Grâce à sa technique de quadrillage, Bruno Schleinstein développe un langage formel spécifique : pour la plupart en noir et blanc, ses dessins représentent des figures humaines, oscillant entre l’effort et la tristesse. Exécutés avec une précision incroyable, il s’agit d’esquisses de ses souvenirs traumatiques avec sa mère, mais aussi d’histoires de jalousie et d’avarice, de mensonges et de déception, même de meurtre.

A.C.M.

1951 . hargicourt . france

2023 . hargincourt . france

ACM.1491

ACM.1492  ACM.1087

Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.