MESSOU ezekiel

1971 . bénin

Elève peu assidu, à seize ans Ezekiel Messou fuit un père autoritaire et part s’installer au Nigeria. De 1990 à 1995, à Lagos, il apprend à réparer les machines à coudre. Comme il le dit, « les pêcheurs, les tailleurs ou les maçons sont trop nombreux sur le lac, alors que personne ne saurait faire ce métier… »  Aujourd’hui, il vit avec deux femmes et ses dix enfants et possède son propre atelier de réparation de machines à coudre dans une petite ville du sud du Bénin. Dans son arrière boutique, à l’abri des regards, il remplit des cahiers d’écolier et des feuilles au format A4 inventoriant des modèles de machines à coudre. Ces premiers dessins adoptaient le style rigide des schémas techniques, aujourd’hui Messou permet à sa main de laisser éclore de ses machines des formes qui évoquent un bestiaire aux courbes végétales. Une fois le dessin achevé il signe M. Ezekiel et appose le tampon de son établissement à l’encre rouge ou bleue : « Ets qui sait l’Avenir * Réparation des Machines à Coudre * Le Machiniste ». Ce tampon certifie, pour lui, qu’il est bien l’auteur de l’œuvre, une sorte de copyright : « personne ne peut me voler mes dessins ».

A.C.M.

1951 . hargicourt . france

2023 . hargincourt . france

ACM.1491

ACM.1492  ACM.1087

Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.