Enfant sensible et de santé fragile, Raphaël Lonné quitte l’école à douze ans. Il exerce divers métiers : receveur de tramway, concierge, homme de peine à l’hôpital, et finit par devenir facteur. Parallèlement, il se passionne pour la poésie et la musique, ce qui lui vaut d’être la risée de ses collègues. Dans les années 1950, il découvre ses capacités artistiques lors de séances de spiritisme. Guidé par sa main, il travaille dans un état de transe. Ses premiers dessins mêlent l’écriture à des figures humaines et animales. Avec le temps, son œuvre devient de plus en plus abstraite.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.







