Quand il ne jardine pas – son métier à Montevideo –, Alexandro Garcia dessine, à l’aide d’une règle, de marqueurs, de stylos à bille, de crayons à papier, sur les supports qui lui tombent sous la main, comme par exemple le verso d’un almanach. Il représente le plus souvent des cités fantastiques – comme en apesanteur ou sur le point de s’élancer dans l’infini sidéral – et des ballets de constellations venues à leur rencontre. Dans toute sa production il est question d’un « ailleurs » offert à nos projections et à la colonisation d’une humanité nouvelle : « Nous ne sommes pas seuls. » Son œuvre est à rapprocher de l’art médiumnique dans le sens où s’y exercent, selon lui, des forces dont il ne serait que l’instrument : « Je suis un canal qui absorbe les messages du cosmos. »
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



