Jeune homme, Karel Forman est un boxer de haut niveau qui remporte des compétitions. La boxe ne lui permettant pas d’assumer ses engagements familiaux il apprend le métier de boulanger mais finalement deviendra chauffeur de camions puis de bus. Sous le regard de sa femme et de ses enfants impuissants, Karel Forman opère un véritable rapt de l’appartement familial d’une surface de 70m2 situé dans une petite ville de Moravie – dont les façades d’immeubles sont aussi tristes que le ciel d’hiver – typique des constructions communistes des années 50. Semaines après semaines, mois après mois, années après années il va recouvrir cet appartement de milliers de photos de magazines disposées avec attention et organisation ne laissant pas un centimètre carré de libre. Publicités, photos de stars se mélangent aux photos de sa propre famille.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





















