Pearl Blauvelt vivait solitaire dans une maison sans eau ni chauffage. Ses voisins l’appelaient la «sorcière du village». Au milieu des années 1950, devenue invalide elle est placée dans une résidence jusqu’à sa mort. La maison reste inoccupée pendant près de cinquante ans, jusqu’à ce qu’elle soit achetée par les nouveaux propriétaires qui découvrent alors dans une vieille boîte en bois cachée sous des tas de choses abandonnées les dessins de Pearl Blauvelt. Ils ont été réalisés entre 1940 et 1950. Elle s’inspire d’images de catalogues de vente par correspondance pour dessiner des objets du quotidien: vêtements, meubles, maisons, voitures, billets de banque etc. Les objets semblent transparents comme passés aux rayons-x, les perspectives inversées, les échelles asymétriques.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



