Né dans une famille de petits-bourgeois stricts, Carl Fredrik Hill poursuit contre l’avis paternel des études artistiques, s’installe en 1873 à Paris et devient peintre dans l’esprit de l’école de Barbizon, mais son travail ne rencontre aucun succès. Après la mort de son père en 1873, il commence à ressentir de profondes angoisses puis, sujet à des hallucinations, est admis à la clinique du docteur Blanche. En 1880, sa sœur le fait transférer dans un hôpital au Danemark. Il y séjourne deux ans, avant de revenir en Suède dans sa ville natale, où il est très vite pris en charge par sa famille. Pendant les trente-cinq dernières années de sa vie, Carl Fredrik Hill crée une œuvre immense, radicalement différente de ses peintures parisiennes, où styles, thèmes et techniques variés se côtoient dans des formes directement inspirées de gravures et illustrations de journaux qu’il copie et détourne tout à la fois. Semble s’y jouer un jeu paradoxal : la confrontation de l’allégeance à l’autorité qu’il a toujours suivie et du blasphème, du parricide et du meurtre. Une grande partie de ses travaux a été détruite.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




