Originaire de Prusse, Charles Dellschau émigre au Texas dans les années 1850. Il aurait aussi vécu en Californie (Sonora et Columbia), où il aurait été dessinateur pour une société secrète, le Sonora Aero Club, réunissant des inventeurs d’avions, cinquante ans avant le premier vol des frères Wright. Pendant la guerre civile, il se marie avec une jeune veuve, dont il a deux enfants ; si l’on ne sait presque rien de ses activités antérieures, il est alors boucher à Fort Bend County, près de Houston. 1877 voit la disparition de sa femme puis celle de son tout jeune fils. Il travaille un temps pour un fabricant de selles pour chevaux. À l’âge de la retraite, sans rien dire à personne, il crée douze livres composés de collages, d’écrits et de dessins d’aéronefs – les inventions, dit-il, de ses collègues du Sonora Aero Club. À partir de 1914, ses collages et dessins aux couleurs flamboyantes, dans le style des affiches du cirque Barnum, inspirés par des almanachs et des Kalender Bilder de l’époque, s’assombrissent et deviennent plus graves, mettant en scène les catastrophes de l’actualité. Ces livres ont refait surface au cours des années 1960 dans une brocante. Malgré le démembrement de trois d’entre eux, les neuf autres, conservés dans des musées texans et dans la collection abcd, sont intacts.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.






















































