TROMELIN gustave pierre M LE GOARANT, comte de

1850 . france

1920 . france

En 1903, dans sa cinquante-troisième année, le comte de Tromelin, savant mathématicien et lauréat de l’institut, signe un pacte avec les esprits et se voue entièrement au spiritisme. Il commence alors à exécuter des dessins qu’il qualifie de « semi-médianiques », des  compositions obtenues la nuit, rapporte le docteur Marie, sur un tableau que le comte de Tromelin tenait placé près de son lit pour les calculs qu’il faisait en cas d’insomnies. Privé de lumière, il fit une fois, en état de demi-sommeil, un barbouillage dans lequel, le lendemain, il chercha à retrouver les notes prises. A sa stupéfaction, il en vint à découvrir des lignes surgissant qui, à l’aide du frottement d’un crayon sec , révélaient un grouillement satanique.  « Ce que l’on voit sortir du papier est tellement étonnant qu’on ne peut plus quitter cette occupation, lorsqu’on a trouvé la bonne méthode et qu’on commence à voir […] mais je reconnais que pour faire de jolies choses, il faut être un peu artiste. En effet, il sort une foule de figures et de personnages et c’est à vous de choisir ceux qui vous conviennent le mieux. Avec ma grande habitude, je vois de suite ce qu’un non-initié ne voit pas… » Un jour de 1903, il finit par se convaincre que son désir impérieux de dessiner obéit à des forces surnaturelles et qu’il ne peut être le véritable auteur de ses dessins : « […] Lorsqu’un jour, en bas d’un dessin que je venais d’achever, je lus assez nettement : Pacte entre tel Esprit et de Tromelin, par lequel il s’engage à leur jurer fidélité, etc., je fus étonné, et comme cet écrit m’engageait à signer, je le fis par plaisanterie, et aussi parce qu’en signant mon dessin, cela me plaisait de souscrire à ce pacte, et j’en fis la remarque à voix haute ; néanmoins, j’opposai ma signature en riant. » Dès cette révélation, il se voue entièrement au spiritisme et à ses expériences occultes, qu’il relate en 1907 dans un livre publié à compte d’auteur, « Critique des mystères de l’univers ». On y apprend que plusieurs races d’esprits graviteront autour de lui, des Esprits constructeurs, géants, aériens, ou d’amour. Tous ne seront pas bienveillants, le persécutant même jusqu’à essayer de le pousser au suicide. Tentation à laquelle il résista puisqu’il mourut de sa belle mort en 1920.
Les dessins du début – deux de la collection abcd datent de 1903 – sont de facture automatique, sans contrôle, révélant des spectres cachés dans le secret des papiers. Plus tard Tromelin décrit les mondes de l’occulte dans un style parfaitement maîtrisé qui ne s’inscrit plus dans l’aléatoire de l’automatisme mais dans une représentation fantastique  peut-être plus convenue.