Après ses études secondaires, Giovanni Galli travaille d’abord comme représentant en cosmétique et parfums pour l’entreprise paternelle, puis égraine les emplois précaires. À la mort de ses parents, les premiers troubles psychiques apparaissent et s’aggravent rapidement. Interné en 1993 dans une institution spécialisée, il intègre l’année suivante La Tinaia, où il se consacre à la passion qui l’anime depuis l’enfance (peut-être sous l’influence de son père peintre amateur) : le dessin. Proches de la bande dessinée, la plupart de ses compositions habillent à la fois le recto et le verso des feuilles : une face est peuplée de femmes en tenue légère dans des poses suggestives côtoyant des engins militaires ou spatiaux ; l’autre, sans doute réalisée dans son foyer d’hébergement, est d’ordinaire plus sage. Du texte vient très souvent enrichir l’ensemble.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




