Jill Galliéni commence très tôt à fabriquer des poupées puis, vers l’âge de trente ans, elle entame son œuvre graphique : les prières à Sainte-Rita, patronne des causes désespérées. Chaque matin, elle se met en prière et ouvre son cahier. Initialement adressées à Sainte-Rita de Cascia, elle écrit ses recommandations pieuses de façon linéaire ou en pavé à l’aide d’un stylo noir ou à encre colorée. Elle invente des phrases de prières, toujours les mêmes, des centaines de fois répétées, des chapelets de prières au sens caché. Ces prières témoignent d’une interrogation permanente sur sa spiritualité et sont représentatives d’un long processus de création qui dure depuis plus d’une vingtaine d’années. Plus tard et sur les recommandations de la sainte italienne, elle adresse d’autres prières à la Vierge Marie.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.


