Unica Zürn est élevée dans une famille berlinoise aisée, mais le divorce de ses parents l’oblige à quitter l’école à quinze ans. D’abord engagée en 1933 comme dactylo par la UFA, elle devient monteuse de films et se met à écrire. Mariée en 1942, elle divorce sept ans plus tard, la garde de ses deux enfants, nés pendant la guerre, étant laissée au père, et vit de l’écriture de feuilletons pour les journaux et de quelques pièces radiophoniques. En 1953, sa rencontre avec l’artiste Hans Bellmer est capitale : elle quitte tout pour le suivre à Paris. Celui-ci l’initie au dessin automatique et l’incite à créer des dessins-anagrammes (Hexentexte, Écritures-Sorcières). Sa première exposition à Paris a lieu en 1956. Entre 1956 et 1958, Unica Zürn dessine intensivement. Ses animaux-plantes hybrides fascinent par leur métamorphose perpétuelle, laquelle nous empêche de les attraper, voire de les définir. En 1960, affectée par les difficultés sentimentales qu’elle vit (et vivra jusqu’au bout) avec Bellmer, elle souffre de sa première crise hallucinatoire et passe les dix dernières années de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques. Malgré de longues périodes dépressives, elle continue à dessiner et à écrire (L’Homme-Jasmin, Sombre Printemps, Vacances à Maison-Blanche, etc.). Elle met fin à ses jours en 1970.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





