Dès l’âge de vingt-huit ans, Karl Hel, violoniste de profession, souffre d’épilepsie et traverse de nombreuses dépressions, dont certaines durent des mois. Interné à l’hôpital psychiatrique de Gugging en 1949, il commence à dessiner dans des cahiers d’écolier qui ne le quittent jamais et qu’il aime montrer. La plupart de ses dessins sont des copies réalisées à partir de revues ou de magazines qu’il reproduit dans un style très particulier – une version personnelle et évolutive du « pointillisme », selon le professeur Navratil. Caractérisé au début par la ligne simple, son style s’est peu à peu affermi et modifié pour aboutir à des sujets constitués d’une multitude de points, de traits ou de cercles.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



