Initié à la psychanalyse freudienne, cet étudiant en peinture et en architecture tenta une auto-analyse qui semble avoir été à l’origine d’un bouleversement psychologique profond. A partir de cet événement, sa vie alterne entre des périodes d’internement en hôpital psychiatrique (on lui diagnostiqua une schizophrénie) et des moments de répit. Malgré ses troubles, il parvient à achever ses études d’architecture et se passionne pour l’anthroposophie fondée par Rudolf Steiner. Paul Gœsch a progressivement élaboré une œuvre picturale qui compte près de mille dessins, au sujet le plus souvent mythologique ou religieux. En 1919, il quitte l’hôpital où il séjournait alors pour rejoindre son père à Berlin. Il se mêle à la vie artistique de la capitale, fréquentant Kokoschka et Gropius et participant aux courants d’avant-garde. Mort d’épuisement en 1940 à l’hôpital psychiatrique de Teupitz, il est l’une des nombreuses victimes du programme d’euthanasie orchestré par les nazis.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





