Issue d’une famille dont le père était charbonnier, Thérèse Bonnelalbay part en 1950 pour Marseille et y travaille comme infirmière. Elle se marie en 1959 et a deux enfants. En 1963, pendant une réunion du parti communiste dont elle est membre, elle commence à griffonner à l’encre sur un bout de papier. Encouragée par son mari, elle continue à dessiner.
En 1975, la famille déménage à Ivry-sur-Seine. Une nuit de février 1980, Thérèse Bonnelalbay disparaît. On retrouve son corps un mois plus tard près des écluses de Suresnes.
Dans les dessins du début, assez figuratifs, on peut percevoir des amorces de profils, des formes végétales. Puis le geste se libère et l’œuvre évolue jusqu’à une forme d’abstraction, qui n’est pas sans faire penser à Henri Michaux ou encore à Emmanuel Deriennic – une sorte d’écriture idéographique mystérieuse, comme si Thérèse Bonnelalbay réinventait un vocabulaire, un alphabet au sens caché.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



