Surnommé Ralhi (« grand frère »), Aouam Abdellarrazzak est né dans une ville minière au sud de Casablanca. Il est chargé de l’entretien mécanique des camions dans une imprimerie, mais la fermeture de l’entreprise, l’échec de son mariage et un séjour en prison suite à un homicide involontaire le plongent dans une profonde détresse, puis dans l’enfer de la drogue. Avec l’aide de sa sœur aînée, il parvient à se désintoxiquer et trouve un fragile équilibre dans la pratique du dessin. Son œuvre met en scène des figures hybrides amalgamant plantes, visages humains et animaux. Pourtant, Aouam Abdellarrazzak n’attache guère de valeur à son travail, qu’il jette volontiers à la poubelle, s’agissant à ses yeux d’un simple passe-temps. Ses dessins ont été sauvés de la destruction par la rencontre d’une Française, amie de la famille, grâce à laquelle son travail commence à circuler et attire l’attention de collectionneurs.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




