Hans-Jörg Georgi grandit dans des centres d’accueil différents, ayant perdu l’usage de ses jambes après une poliomyélite mal soignée. Il a déjà réalisé des milliers de dessins et d’avions lorsqu’il intègre en 2001 l’Atelier Goldstein, à Francfort. Il entreprend alors la création d’une véritable flotte aérienne, constituée de centaines d’appareils, à partir de boîtes à chaussures découpées en morceaux qu’il assemble à la colle. Chaque avion ressemble à un bateau échoué – un genre d’arche de Noé –, bosselé, doté d’un visage anthropomorphe. L’homme, l’animal et la technologiey fusionnent. L’un des modèles préférés de Georgi est celui qu’il appelle le « Bombarder », « l’homme-machine », une machine volante visionnaire.
À travers son œuvre, l’artiste explore une interrogation fondamentale : comment survivre ? Comment s’élever jusqu’à toucher le ciel ? Cette aspiration à l’élévation, à la fois physique et symbolique, traverse l’ensemble de sa production. Lors d’une visite de l’exposition « Art Brut, collection Bruno Decharme » (18 octobre 2014 – 18 janvier 2015) à La maison rouge, il confie : « Mes œuvres, mes avions sont comme moi […]. Je veux faire quelque chose de bien pour le monde. Je vous amène tous avec moi en voyage. Au fait, je suis quelqu’un de bien, parfois je suis un peu strict […]. Je veux vous donner à tous vingt points, vous les avez mérités ! »
