Mohamed Babahoum naît à une trentaine de kilomètres d’Essaouira, dans un village entouré d’arganiers. Devenu adulte, il quitte les travaux agricoles et s’installe près d’Essaouira. Ferrailleur et brocanteur, il approvisionne les marchands du souk avec les objets qu’il collecte. Plus tard, il exploite un pressoir à olives actionné par un dromadaire. À l’approche de la vieillesse, presque par hasard, il commence à dessiner, sans réelle conviction. Au souk, il montre un jour ses dessins en affirmant qu’ils sont l’œuvre de son neveu. Mais peu à peu, il assume sa pratique : « C’est moi qui les ai faits. Vous en voulez d’autres ? »
D’abord réalisés au stylo-bille au verso de papiers usagés, ses dessins migrent ensuite vers des cartons d’emballage plus épais. Au feutre noir, il cerne vigoureusement ses figures. Son univers est peuplé d’ânes, d’oasis, de palmiers, de souks et de murailles ; les chèvres grimpent aux arbres et les vieillards brandissent leur canne vers le ciel.
Hospitalisé en 2014 pour une pneumonie, il cesse longtemps de parler. Il vit aujourd’hui chez son fils et, malgré l’âge et la maladie, continue de peindre et de dessiner.









