CADI jorge alberto

1963 — La Havane — Cuba

Jorge Alberto Cadi, surnommé « El Buzo » (« le plongeur »), n’a plus d’autre famille que son frère, lui aussi schizophrène. Il arpente inlassablement les rues de La Havane à la recherche de rebuts et d’objets déclassés. Depuis plus de vingt ans, il collecte valises, boîtes, photographies et coupures de journaux, y voyant un potentiel narratif extraordinaire.
Photographies et objets passent entre ses mains : il colle, découpe, coud, hybridant scènes familiales en images grotesques, parfois sataniques — têtes coupées, visages recousus, corps entourés de fil noir et surmontés de croix. « Nous sommes un peucousus par le temps », confie-t-il.
Il conserve ses œuvres dans des valises, symbole à Cuba du déchirement et de l’errance, transformées en lieux de possibles et de retrouvailles : « Quand tu fermes la valise, tu réunis des personnes qui ne se sont jamais vues. Elles retournent voyager… parfois dans une autre dimension.