Sixième enfant d’un menuisier, Carlo Zinelli perd sa mère à 2 ans et est envoyé comme garçon de ferme loin de sa famille. À 18 ans, il devient apprenti boucher et se passionne pour la musique et le dessin. Mobilisé, il ne supporte pas la guerre et est réformé en 1941. Souffrant de délire de persécution et d’hallucinations, il est interné en 1947 à l’hôpital psychiatrique San Giacomo alla Tomba de Vérone. Dix ans plus tard, le sculpteur écossais Michael Noble et le psychiatre Mario Marini créent un atelier de création, devenu l’un des plus importants d’Europe.
Zinelli y travaille quotidiennement, produisant près de 2 200 œuvres, souvent sur les deux faces du papier. L’écriture, présente dès ses débuts, devient centrale entre 1966 et 1969. Sa vie et son art s’organisent autour du chiffre 4 : il tourne quatre fois la clé dans la serrure, répète certains mots quatre fois, et le corps de ses personnages comporte régulièrement quatre trous. Dérouté par son transfert à l’hôpital de Marzana en 1969, il ne peint plus que rarement.
Son œuvre est reconnue de son vivant. En 1957, Dino Buzzati organise sa première exposition à Vérone, « Sono dei veri artisti » (« Ce sont de véritables artistes »). En 1963, Harald Szeemann présente ses travaux à la Kunsthalle de Berne, puis en 1967, Jean Dubuffet expose une vingtaine de ses œuvres dans la première présentation muséale de sa collection d’art brut au musée des Arts décoratifs de Paris.



