Mariée et mère de sept enfants, Helene Reimann est marchande de chaussures et mène une vie paisible et harmonieuse. Mais son état psychique se détériore et on la retrouve internée en 1938 pour schizophrénie, peu avant la mise en place du programme d’extermination des malades mentaux par les nazis (Aktion T4). Elle y échappe en étant cachée chez l’une de ses filles. En 1949, elle est admise à l’hôpital psychiatrique de Bayreuth, où, repliée sur elle-même, elle passe la plupart de son temps à dessiner. Elle s’attache dans ses dessins à des objets du quotidien : chaussures, robes, animaux, meubles, fleurs et fruits. Pendant de nombreuses années, elle est obligée de dissimuler ceux-ci sous son oreiller pour les protéger du personnel hospitalier qui les jette systématiquement.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.





