Yohann Goetzmann porte constamment avec lui une pochette remplie de feuilles imprimées de collages de captures d’écran, de jeux télévisés, des chiffres et des lettres, des images ayant trait à des schémas, des plans de chemins de fer, de métros et bus etc. Mais aussi des starlettes et présentateurs et présentatrices de télé. Yohann Goetzmann est intarissable sur la source de ses images. Il a développé sa technique de collage en autodidacte, l’enregistrement de ses compositions lui importe peu, pour lui la finalité est l’impression sur le papier. Il joue aussi dans Astéréotypie un projet de «spoken words» né dans son ancien Institut Médico Educatif. Passionné par tout ce qui concerne, les séries, les trajets, les réseaux, il semble avec eux trouver une forme d’assurance. Il a été accueilli dans divers établissements avant de rejoindre la Pommeraie en Belgique. Lorsqu’on lui annonce que le centre ne dispose pas d’internet pour les pensionnaires on peut imaginer son désarroi. Il se voit alors proposé des crayons de couleur en remplacement de son outil de passion. Brut Pop, une association qui travaille sur le handicap et la contre-culture, rencontre Yohann Goetzmann en 2014 pour le documentaire qu’il tournait à l’époque pour France Télévision : «Musique Brute, handicap et contre-culture». Brut Pop commence alors à montrer son travail dans différents lieux et manifestations.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.











