Franz Gableck est ouvrier. Psychotique, il est hospitalisé en 1959 dans l’établissement psychiatrique de Gugging et devient pensionnaire de la Maison des artistes, où il commence à dessiner grâce aux encouragements du professeur Navratil. Peu nombreux, tous ses dessins sont datés, signés et dédicacés à son médecin. Franz Gableck connaît une phase maniaque, qui dure deux ans environ, suivie d’une dépression dont il ne se relèvera pas. Il arrête alors progressivement le dessin et refuse toute thérapie qui pourrait soulager sa souffrance.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



