D’origine espagnole, Pedro Cornas, imprimeur, est interné en 1932 pour schizophrénie à l’hôpital Juqueri, près de São Paulo. C’est là qu’il commence à dessiner – une œuvre qui rend compte, selon lui, de la complexité des systèmes cosmiques et planétaires, et dont on ne sait si elle fut abondante, la plupart de ses dessins ayant disparu. La qualité esthétique de ceux-ci amène le psychiatre Osório Cesar – pionnier de la reconnaissance de l’« art des fous » comme création artistique à part entière –, sous l’influence bénéfique duquel vit alors l’hôpital, à prêter onze de ses travaux (plus une quinzaine de son autre patient Albino Braz), pour l’« Exposition internationale d’art psychopathologique » organisée à Paris en 1950 par son collègue Robert Volmat.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



