Raimundo Camilo quitte sa région natale très jeune pour aller travailler à Rio di Janeiro, dans le bâtiment et les cuisines. À la suite d’un différend avec un de ses employeurs, il se retrouve à la rue, sans emploi et désorienté. Interné en 1964 à l’hôpital psychiatrique Colonia Juliano Moreira, qu’il ne quittera plus, il se met à dessiner, au moyen de couleurs fabriquées par ses soins, ses propres billets de banque, à genoux devant son lit, avec des matériaux de fortune. La tête qui figure sur le recto représente, selon lui, tantôt un roi tantôt un cangaçeiro, un bandit héroïque. Raimundo Camilo offre volontiers des billets aux membres du personnel de l’hôpital qu’il apprécie, notamment aux femmes. Il affirme ne pas faire de l’art, mais simplement son « travail » – aujourd’hui sur la voie de la reconnaissance.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



