Fervent croyant et ancien journalier, John Bunion Murray élève onze enfants avant de s’installer seul dans une cabane rudimentaire. Vers 1978, une expérience mystique le pousse à dessiner et écrire pour transmettre sa foi. Analphabète, il crée des textes dictés par Dieu, à lire à travers une fiole d’eau sacrée, et des figures totémiques nourries de vaudou. Le Bien et le Mal, le Paradis et l’Enfer animent son œuvre.
Ses premières peintures, réalisées sur des objets trouvés — pare-brises, plaques de cuisson, télévisions — protègent sa maison des énergies malveillantes. Les couleurs ont un sens : jaune pour le divin, bleu pour les forces positives, rouge pour les forces négatives. Grâce au docteur William Rawlings, il travaille sur de grands formats, distribue ses dessins et cloue ses écrits aux murs de sa maison et de son église.
Son monde graphique devient un univers d’abstractions apotropaïques, où la symbolique évoque les crimes du Ku Klux Klan, le corps humain et la maladie, transformant inquiétude et foi en art mystique.










