Après l’école primaire, devenu adulte, Edmund Monsiel tient un petit magasin que les Allemands lui confisquent en 1942. Persuadé que les nazis veulent également l’arrêter, il trouve refuge chez son frère à Wozuczyn, où il se cache dans le grenier et cesse tout contact avec son entourage. La guerre passée, il refuse de croire que le danger est écarté et qu’il peut quitter son grenier. Edmund Monsiel aura passé 20 ans dans un enfermement volontaire.. Il laisse derrière lui quelque cinq cents dessins. Si son œuvre paraît inspirée de l’iconographie traditionnelle, populaire et religieuse, elle se présente surtout comme la répétition obsédante, démultipliée, du même : pas un millimètre de chaque feuille qui ne recèle un visage. Ces visages accumulés sont tout à la fois le thème particulier et la composition générale, le contour et le dessin, le fond et la forme.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.








