Aîné d’une famille de sept enfants, Franz Kernbeis fréquente l’école primaire pendant huit ans, puis travaille à la ferme paternelle. À dix-huit ans, il présente des premiers troubles psychiques qui le conduisent en 1955 en hôpital psychiatrique. Au début de son internement, il restait immobile pendant des heures ou marchait en rond les yeux fermés. Quand on lui parlait, il détournait la tête et ne répondait pas. Avec le temps, il devient plus communicatif et commence à dessiner à l’âge de quarante-quatre ans, après plus de vingt années passées à l’hôpital. Il aborde toujours ses dessins par les contours. Dans certains, il procède par « compartimentation » de la surface et, dans ce cas, le trait suffit à la composition. Dans d’autres au contraire, il noircit toute la feuille.
L’œuvre de Franz Kernbeis évoque un monde cellulaire, où l’on croise principalement des personnages à l’aspect fragile et timide, qui semblent posés là, un peu en déséquilibre, mais aussi des bâtiments – surtout des églises. Elle se compose de très grands formats, parfois de plus de deux mètres carrés, autant que de toutes petites surfaces.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




