Installé avec sa femme Marie dans un petit hameau reculé non loin de Dol, en Bretagne, l’agriculteur Jean Grard a travaillé durement et n’a jamais pris le temps de s’arrêter. Ce n’est qu’au moment de la retraite, après avoir fait l’acquisition d’une girouette en forme de moulin, qu’il a eu l’idée de fabriquer lui-même des girouettes. « J’étais en ferme toute ma vie, j’aurais jamais pensé faire ça », dit-il. Cet événement déclencheur d’un processus créatif ne suffit sans doute pas à mettre en lumière la genèse d’une œuvre qui frappe par la force, la fulgurance et l’obsession qui en émanent.
Installation à part entière, l’œuvre de Jean Grard est inséparable de son organisation spatiale : les girouettes, semblables à des manèges, sont soigneusement disposées dans la cour, parmi les parterres jardinés par Marie. Scellé dans le sol, cet assemblage polymorphe et solide tournoie lorsque la brise souffle. Son créateur a su transformer le traditionnel art des girouettes en un art forain particulièrement original.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



