Johann Gittenberger est d’abord ouvrier avant de devoir abandonner son métier confronté à de graves problèmes d’alcoolisme à l’origine d’une hémorragie cérébrale. En 1970, il est hospitalisé puis intègre la Maison des artistes de Gugging, dirigée alors par le professeur Navratil. Là, il dessine pour lui-même, sans incitation extérieure. Son œuvre semble suivre deux voies : l’une met en scène des sortes de plans de villes, de routes, soulignés de textes et de notes ; l’autre montre des portraits ou des corps souvent placés dans des cadres dessinés. En 1975, devenu trop fragile, Johann Gittenberger est transféré dans une maison de retraite, où il meurt un an plus tard.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



