Ras Dizzy est l’auteur de peintures remarquables parmi celles produites par les « Intuitifs » jamaïcains, un groupe d’artistes autodidactes dont la production a commencé à attirer l’attention des médias et des experts à la fin des années 1970. De nombreux détails de la vie de Ras Dizzy restent de l’ordre de la spéculation. En effet, ses histoires fantastiques et ses affabulations lui ont valu le surnom de « Dizzy » (étourdi, vertige), « Ras », étant un titre honorifique du mouvement rastafari. Ras Dizzy, affirmait avoir voyagé en Afrique et en Chine, être monté à cheval avec des cowboys hollywoodiens et combattu contre Cassius Clay. À la fin des années 1960, il vit en marge de la scène artistique de la capitale, voyage à travers la Jamaïque vendant des dessins ou les échangeant contre de la nourriture et distribuant des photocopies de ses poèmes. À l’Université des West Indies, des intellectuels radicaux publient dans leur hebdomadaire ses commentaires poético fantastiques et sociopolitiques. Les tableaux et sculptures des « Intuitifs » jamaïcains représentent le plus souvent des scènes de la vie rurale et urbaine en faisant parfois référence à la Bible ou à la spiritualité africaine.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



