Issu d’un milieu modeste – une famille d’agriculteurs -, Kazimierz Cycon ne passe que quelques années à l’école primaire. Les premiers troubles mentaux se manifestent lorsqu’il a vingt et un ans : agitation constante, anorexie, isolement progressif. Sa famille ne prend guère soin de lui, le laissant glisser vers la folie. Kazimierz Cycon se cloître peu à peu dans le grenier, devient de plus en plus agressif, jusqu’au jour où, considéré comme trop dangereux, il est interné. À l’hôpital il vit prostré, passif et ne cherche à établir aucun contact. Il commence à dessiner à quarante-deux ans — d’abord au crayon — puis à peindre à la gouache. Le thème du visage, envahi de grands yeux, revient constamment dans son œuvre.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



