Victime à neuf mois d’une méningite qui lui laisse des séquelles irrémédiables, Attilio Crescenti fait une chute grave d’un immeuble à l’âge de trois ans. L’année suivante, sa famille le place dans une institution réservée aux enfants dits « à problèmes », où les médecins découvrent qu’il est sourd. Attilio Crescenti n’apprendra jamais à parler et ne communique que par signes et expressions faciales. À soixante et un ans, il quitte l’hôpital pour un foyer d’accueil et commence à dessiner. En nombre peu abondant, ses travaux suggèrent des corps éclatés, des membres éparpillés, construits de protubérances semblables à des métastases qui prolifèrent à l’infini.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



