Originaire de la vallée du Rhône, Benjamin Bonjour déménage à la mort de sa mère. À l’âge de dix-huit ans, il souffre d’une grave méningite dont il gardera toute sa vie des séquelles. D’abord pris en charge par son frère, qui meurt accidentellement, il propose alors ses services pour chanter auprès des malades, puis devient colporteur, vendant aux paysans des objets usuels : fil, aiguilles, laine, tabliers, etc. Bénéficiant de l’assistance de ses deux sœurs, vers l’âge de soixante ans, il ne se consacre plus qu’au dessin et au chant.
Benjamin Bonjour travaille sur des supports récupérés (prospectus, enveloppes, cartons de boîtes de chocolat, papier d’ordinateur), avec des crayons ou des feutres de couleur, œuvrant par séries sur des thèmes simples : fleurs, arbres, paysages, montagnes, églises. Il représente son errance de village en village. La répétition du motif, le morcellement des surfaces en petites unités colorées, le tremblement du trait confèrent à la feuille une vibration qui l’active entièrement.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.


