Maçon, Joseph Barbiero fuit l’Italie mussolinienne au début des années 1920 et s’installe en Auvergne sans perdre l’accent de son dialecte vénitien. Il participe à la restauration de Notre-Dame-du-Port et de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il est nationalisé français en 1931.
Une fois retraité, il consacre les vingt-cinq dernières années de sa vie à une œuvre sculptée dans la pierre volcanique, non sans parenté avec les sources celtes antérieures à la colonisation romaine. Parallèlement, il réalise de petits dessins à la mine de plomb sur des morceaux de paquets de biscottes récupérés qui représentent, souvent recto verso, des figures humaines ou animales d’une « barbarie » savoureuse. Il est exposé pour la première fois en 1982, et ses œuvres font désormais partie des plus grandes collections d’art brut.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.




