Yassir Amazine fréquente l’atelier de Luc Mondry et Nicole Babilas à La Clairière. Dans ses dessins, réalisés aux bics noir, rouge et bleu, le stylo se fait arme, en un trait répétitif et violent, comme si l’homme livrait un véritable combat – mais un combat contre qui ? D’innombrables lignes se mêlent dans des œuvres d’une extrême densité : le geste s’est arrêté là, mais il aurait pu tout aussi bien continuer, ne jamais cesser jusqu’à entièrement noircir le papier. On y décèle à la fois l’énergie du trait libérateur et le trait envahissant qui étouffe. Le spectacle est ainsi désespéré, à l’image des sables mouvants où, plus on bouge pour tenter de s’en sortir, plus on s’enfonce. La brutalité du geste, sa fièvre, sa rage, paraissent autrement plus effrayantes que les thèmes guerriers qui habitent chaque dessin.
A.C.M.
Enfant d’une grande timidité, Alfred Marié s’oriente vers le métier de peintre en bâtiment. Incité par un ami, il entre en 1968 à l’Ecole régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing, qu’il quitte au bout de cinq ans, détruisant alors les travaux qu’il y a réalisés. En 1974, il rencontre Corinne, qui devient sa compagne et un soutien nécessaire à son œuvre ainsi qu’en témoigne le nom d’artiste qu’il adopte : A.C.M. – Alfred Corinne Marié. Au bout de deux ans d’errance, le couple s’installe dans la maison familiale d’Alfred, à l’abandon depuis plusieurs années. Tout en la reconstruisant, A.C.M. reprend son travail artistique et investit l’atelier de son père, un ancien tisserand. Il sélectionne d’abord des pièces extraites de vieilles machines à écrire, réveils, transistors, ou composants électroniques, fils électriques, etc., puis, après les avoir nettoyés, il les métamorphose à l’acide et les oxyde pour les assembler par collage. Il bâtit ainsi des architectures, sortes de cathédrales ou de bateaux, des labyrinthes peuplés de miroirs.



